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par Natalia Boffi de SUR Factory asbl – Photo : Gretel Sardiñas Diaz (Gretel Photography)

Cette année nous avons eux la chance de croiser quelque mots dans le lobby de l’Hôtel où il a logé Monsieur Gerardo Chijona réalisateur et scénaristes, cubain. Nous avons passé une demi heure de discussion super agréable et intéressante. Ci dessous je partage avec vous quelques moments…

NB : Où ce trouvait Gerardo Chijon quand le LuxFilmFest l’a contacté pour faire partie des membres du Jury International du festival ? Quel a été ça première réaction ?

GC : J’étais chez moi, tu connais l’Habana? Dans un quartier du centre, el Vedado, à quelques blocs de l’ICAIC (Institut Cubain d’Art et d’Industrie Cinématographique). Comme je ne connaissais pas le Festival, j’ai demandé de m’envoyer de l’information, car je viens de présenter mon dernier film, et si je peux, je commence un autre en Avril, j’ai une série en attente, j’ai beaucoup de travail, alors j’avais besoin de m’informer sur le Festival, sur les dates, car je devais aller en Espagne, et si je pouvais tout faire au même temps…et par fortune tout c’est bien calé. Et je suis là.

NB : Pour quoi nous n’avons pas votre dernier film « La cosa humana » (The human thing) dans le Festival cette année ?

GC : Car il vient de sortir. L’avant première du film était en décembre 2015 lors du Festival de Cinéma de l’Habana. Et quand j’ai fini le film mon petit fils est né, alors je complètement oublié « La cosa humana », la famille c’est la plus grand oeuvre d’art que l’être humane peut avoir.

Le film a eu beaucoup de succès lors du festival et il est resté affiché 4 semaines à Cuba, que aujourd’hui c’est presque un record. A La Habana il y avait presque 100.000 spectateurs. Le film etait affiche la première semaine dans La Habana et après c’est affiché dans toute l’ile. En Avril va se présenter dans la Festival à Tribeca en NYC (organisé par Robert De Niro).

NB : Alors « La cosa humana » peut-être arrive l’année prochaine au LuxFilmFest ?….j’ai pu voir dans le trailer c’est un film fort.

GC : C’est possible qu’il arrive au Festival, pourquoi pas ?…  « La cosa humana » c’est une comédie. Ce qui est intéressant et je ne me lasse pas de le dire, mais c’est vrai, « La cosa humana » c’est un film écrit où le réfèrent c’est le cinéma et la littérature et non la vie. C’est un portrait du monde que je me suis imaginé pour faire ce film. Un monde marginal, car sont des criminels. Tu comprends ? Et les autres que sont des criminels non professionnels plus illustrés mais criminels également, si corrompu comme les criminels. Je me suis aperçu par le public que le spectateur fait une relation de la réalité du film avec la réalité qu’ils vivent. Mais le film est mon hommage à l’archive que j’ai dans ma tête, surtout de cinéma américain. J’ai dédié ce film à mon meilleur ami, Daniel Diaz Torres, copain cinéphile de ma jeunesse et je pense que c’est un film pour cinéphiles. Tous les personnages sont sortis de ma tête, je ne me suis pas inspiré de personne et pourtant les gens arrivent à faire le link avec leur propre vie, je suis étonné!

Je sais que le film finit toujours en qui le regarde, c’est inévitable. Et chaque personne à un monde dans ça tête. C’est une comédie noire.

Gretel (photo) : Le fait que le film finit en ce qui le regarde, c’est quelque chose qui vous fait peur ou ça vous plaît?GC : Je pense que ça c’est le plus beau, C’est le risque que tu assume. Et quand tu es dans le cinéma et que ça marche tu es l’homme le plus heureux du monde et si ne marche pas tu veux te couper les vaines, car sont 2 ou 3 années de travail sans arrêt, tu te rende compte ? Et littéralement tu perds la vie. C’est du vécu.

J’ai toujours fait le film que je voulais, et j’ai un mécanisme de protection, que quand je suis en train de finir un film je suis déjà dans un autre film…D’un coté ce mécanisme me permets de mettre de la distance avec le matériel en édition.

NB : Des films en compétition au LuxFilmFest, quel est votre favoris ?

GC : Je ne peux pas vous dire….secret que je dois garder jusqu’à vendredi…je peux te dire que comme je l’ai dit aux organisateurs du festival, il y avait une très bonne sélection, le niveau de qualité était bien haut, mais il y avait un film que c’est différencié des autres, et il a eu l’unanimité du jury. Je vous recommande d’aller voir le film que nous avons sélectionné car il va très bien marcher en dehors du festival, car il a tous les éléments pour réussir.

NB : Pensez-vous que la participation au LuxFilmFest peut être une porte à une future co-production Cuba-Luxemburgo…. ?

GC : Dépends des intérêts. Peut-être une histoire d’un directeur Luxembourgeois qui veut la réaliser à Cuba, ou un directeur Cubain qui trouve financement ici, et que une partie de l’histoire de son films ce passe au Luxembourg, il faut trouver un link que justifie. C’est plus facile de Luxembourg vers Cuba que de Cuba vers le Luxembourg. Par expérience co-production si ce n’est pas l’Espagne, c’est très difficile trouver financement en Europe.

Gretel (Photo) : Vous- pensez que la langue peut influencer ?

GC : Effectivement. Hors la frontière Ibérique c’est plus difficile.

Gretel (Photo) : Par rapport à d’autres festivals, tu note la différence entre ce festivals et d’autres du continent américain ?

GC : Ce festival est un petit festival, pas possible le comparer avec le Festival de La Habana par exemple, que c’est quelque chose plus grande, une fête dans la ville, et la ville le suit. Ici la ville continu ça vie culturelle. Dans d’autres villes que j’ai vu ce phénomène, était à Montréal et Toronto. Après il y a les grands, grands festivals, mais avec un public très spécifique.

Le LuxFilmFest pour ce que j’ai vu il a « une bonne santé », les projections que j’ai fait avec du public étaient presque complètes. Nous pouvons voir qu’il y a un intérêt et une réponse pour regarder ce type de cinéma. En regardant les affichages dans les cinémas, la plus part des films affichés sont américains. LuxFilmFest ouvre la fenêtre à regarder un autre type de cinéma, un film brésiliens, turc, colombien….je ne pense pas qu’ils ont un public on dehors du festival. 

Gretel (Photo) : Si le LuxFilmFest vous invite l’année prochaine, vous venez?

GC : Tout dépend de mon emploi du temps. Si je suis disponible avec plaisir. J’ai passé un super bon moment, c’est un endroit très accueillant, il ‘ont gâté, j’ai trouvé des amis, sont les avantage de voyager.

Gretel (Photo) : Tu te sens plus identifié avec le cinéma américain que avec le cinéma européen ?

GC : Effectivement, je suis « le colonisé » de l’ICAIC (Institut Cubain d’Art et l’Industrie Cinématographique), tous mes copains éteints influencés par le cinéma européen. Moi j’était le stigmatisé du « bon cinéma ».

NB : J’ai lu que qui vous a introduit au Festival Sundance était Robert Redford…

GC : Effectivement, c’est là que j’ai présenté mon premier projet «Adorables mentiras » ; d’abord j’ai fait un cours d’un mois dans l’Institut, en Utah, de « réalisateur et scénariste » et après le film c’est présenté en Sundance et après toutes les autres films que j’ai fait ont fait le même chemin, sauf le dernière, que nous ne sommes pas arrivé, mais les 5 films précédents oui, avec des premières mondiales. Et dans les festivals c’est comme ça, si tu entre par la bonne porte et tout va bien le film continu tout seul, si ne marche pas, reste là, c’est fini, même pour un chef-d’oeuvre.

NB : Dernier question. Gerardo Chijona s’amuse plus comme réalisateur ou comme scénariste ?

GC : Laisse moi réfléchir… (…silence de réflexion)….Quand je sens que je vie vraiment c’est quand je suis dans le tournage. Car j’ai la batterie chargée à 100%. Personnellement je pense que le moment ou je m’amuse le plus c’est dans l’écriture, c’est étrange, car j’eu une liberté créative que quand nous sommes en train de tourner je n’ai plus. T’a un équipe souvent grands qui t’attends et peu de temps de tournage, c’est beaucoup de pression, mais l’ambiance que se respire c’est formidable. Quand les personnages sont dans une feuille de carte ou dans l’écran d’un ordinateur, tu peux faire ce que tu as envie, t’a toute la liberté du monde, pour faire avec eux tout ce que t’a envie et c’est gratuit, seulement le temps que tu lui investi, c’est un des moment que m’amuse beaucoup, surtout quand je travail avec quelqu’un je connais mes limitations. Je suis un écrivain audacieux. Je me considère plus un réalisateur de cinéma qu’il met sa main à l’écriture, non un scénariste professionnel, même si j’ai fait beaucoup de travails pour me gagner la vie comme scénariste professionnel.

Gretel (Photo) : La censure, non plus maintenant comme avant, mais la censure économique…t’a limité dans ton travail ?

GC : J’ai eu la chance de travailler plusieurs années avec le même producteur, nous sommes très amis aussi et je connais très bien mes limites. Je connais déjà ce qui est inimaginable pour Cuba, quand tu connais le plafond tu te gère en condition, t’a également un marge ou tu peux faire ce que t’a envie. Je le dirais toujours avec la bureaucratie tu peux toujours négocier et tu décides à la fin si tu fait ou non le film mais avec les producteurs c’est plus compliqués, j’ai eux des mauvaises expériences, car a la fin ils veulent faire leur film. Alors c’est toi qui choisi, « la créature » c’est à toi et si c’est à toi tu dois la défendre et si arrive dans un impasse sans sortie, trouve toi un autre producteur, car il va te faire la vie impossible. Si le film est une commission, pas de problème, car c’est un scenario qui te donne, la discussion ne se pose pas.

Je travaillé avec le même producteur les derniers 6 films, et j’ai l’avantage d’être quelqu’un rapide et pas cher (rires), sont toujours de films de bas budget, où personne engage un grand risque et à la fin il y a un film. Selon mon producteur mes films sont comme une grossesse, du jour 1 jusqu’à voir le film dans une salle d’un cinéma à Madrid, sont 9 mois. Jusqu’à maintenant j’étais comme « une montre suisse ».

Gretel (Photo) : Vous pouvez nous dire quelque chose sur le prochain projet à venir?

GC : Pas beaucoup, c’est un drame, et sur la Cuba d’aujourd’hui. Un défi pour moi car je n’ai pas fait ce type de cinéma avec une vision distante de la réalité et aussi la façon que je vais la filmer. Je vais essayer de changer la façon d’apercevoir la réalité. Je vais continuer avec le même directeur de photographie que c’est comme un mariage le notre, nous avons crée 5 films ensemble et nous avons la chance d’être voisins nous travaillons de nuit et nous dessinons le film complet, image par image, je pense que c’est le secret de pouvoir réussir à avoir un produit au but de 9 mois. Quand j’arrive dans le set le tournage est prêt pour être réalisé du début à la fin. Les acteurs quand ils ressentent ça, se sentent plus sures, plus protégés, même ça me permets de changer certains choses de la scène. Je dois arriver au set en sachant ce que je dois faire. Dans ma trajectoire j’ai vu beaucoup de gens se tromper au moment d’improviser et sa coute cher. Je dis toujours dans l’école d’assistant tu apprends tout ce qu’il ne faut pas faire. Je appris avec tout type de directeurs (bons et mauvais), mais je appris des erreurs des bons directeurs et des mauvais directeurs. J’ai jamais fait une école de cinéma, je donne de cours maintenant dans l’école de cinéma, mais mon école c’était dans le terrain. Et aujourd’hui tous ce qui sont derrière la camera je les connais tous, car à l’époque que j’étais assistant je devais faire avec eux, et j’ai souffert et je tenais bon avec eux pour un autre directeur.

Gretel (Photo) : Vous avez déjà le casting pour votre prochain film ?

GC : Oui, il est déjà défini, c’est un film de 5 semaines de tournage.

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